Les dernières News de l’Union Européenne à Bruxelles

Comprendre le Plan de Relance et de Résilience (PRR)

Next Generation EU

Partout dans le monde, la crise sanitaire engendrée par la pandémie de la Covid-19 a provoqué une récession économique d’une violence inédite dans notre histoire récente, avec des impacts sociaux qui ont affecté douloureusement des franges entières de la population.

Pour contrer ces effets, l’Union Européenne a mis en place en 2020 le Programme NextGenerationEU, une réponse communautaire coordonnée et sans précédent pour relever les défis posés par cette crise sanitaire et ses conséquences économiques et sociales.

Mais comment cette réponse forte de l’Union Européenne se traduit-elle à Bruxelles et en Belgique ?

Quelle est sa portée ? Et comment fonctionne ce plan ?

Yasmin Troch et Guillaume Deleuze de Brussels International nous ont aidé à y voir plus clair.

 

Une réponse européenne à la crise sanitaire

S’il se veut une réponse aux conséquences économiques de la crise sanitaire, ce plan d’une ampleur inédite veut aussi poser les bases d’un engagement fondamental de nos sociétés sur la voie de la double transition écologique et numérique et renforcer la résilience économique et sociale ainsi que la cohésion du marché unique.

« C’est effectivement un point fondamental de ce plan. L’objectif est clairement de relancer l’économie mais en même temps d’inscrire cette relance économique dans le cadre de la transition numérique et environnementale. C’est ainsi que près de 40 % des projets soutenus visent des objectifs environnementaux et environ 35 % ont pour ambition de soutenir la transition numérique ».

Yasmin Troch et Guillaume Deleuze de Brussels International

 

D’un montant global de 1.900 milliards d’euros, le dispositif Facilité pour la Reprise et la Résilience (RRF) est l’instrument financier de ce Programme NextGenerationEU, destiné à aider les Etats-membres à sortir ensemble plus forts et plus résilients de la crise actuelle.

Ce RRF met à disposition des Etats membres des fonds (un soutien financier non remboursable et, le cas échéant, des prêts) pour soutenir leurs projets de réformes et d’investissements.

En contrepartie, chacun d’eux a présenté un Plan pour la Reprise et la Résilience (PRR) dont l’objectif est d’identifier (pour chaque pays) les actions prioritaires qui permettront d’atténuer l’impact économique et social de la pandémie de Covid-19 et de rendre les économies et les sociétés de nos régions européennes plus durables et plus résilientes.

 

Le PLAN NATIONAL POUR LA REPRISE ET LA RÉSILIENCE de la belgique

Validé par la Commission européenne pour un montant de 5,9 milliards d’euros, le Plan national pour la Reprise et la Résilience (PRR) de la Belgique, soutiendra la mise en œuvre, d’ici à 2026, de mesures d’investissement et de réforme cruciales que la Belgique a proposées afin de sortir renforcée de la pandémie de COVID-19.

En particulier, le Plan pour la Reprise et la Résilience (PRR) de la Belgique protégera le climat grâce à des travaux de rénovation axée sur l’efficacité énergétique à grande échelle et au verdissement du transport routier. Il prévoit, par ailleurs, de numériser l’administration publique, de renforcer la cybersécurité, de rendre la dépense publique plus efficace et plus durable, et d’améliorer l’éducation et la formation dans tout le pays.

 

Et à Bruxelles

La partie bruxelloise s’inscrit dans le Plan national évidemment.

Et ce sont près de 20 projets qui ont été retenus pour notre région.

« Le fait est que c’est une dimension tout à fait centrale de la partie bruxelloise du Plan national belge pour la Reprise et la Résilience (PRR). Sur les 20 projets qui ont été retenus à Bruxelles, près de 14 d’entre eux sont des projets d’investissement qui sont portés par des institutions bruxelloises. Pour l’essentiel, ils concernent la rénovation énergétique de bâtiments publics et la construction de nouvelles infrastructures.

Quant aux 6 autres projets retenus à Bruxelles, ce sont des projets dits de réforme, c’est-à-dire qu’ils visent à faire évoluer le système législatif pour permettre à terme de nouveaux investissements dans des secteurs ou activités stratégiques pour la région. Il y a notamment des projets de réforme des systèmes de gestion qui vont concerner, par exemple, l’installation de bornes de recharge pour les véhicules électriques pour laquelle des adaptations règlementaires sont indispensables ».

Yasmin Troch et Guillaume Deleuze de Brussels International

 

Zoom sur les projets bruxellois

Parmi les projets retenus pour bénéficier de ce soutien dans le cadre du PRR belge, certains sont tout à fait remarquables et s’inscrivent clairement dans la vision stratégique du gouvernement régional.

 « C’est évident. D’ailleurs, dès sa conception, ce plan a été structuré autour de 5 grands axes stratégiques clairement identifiés : Climat, durabilité et innovation, Transformation numérique, Mobilité, Social et vivre ensemble, Économie du futur et productivité.

Et dans cette structure, on a notamment ces projets d’investissement qui vont permettre de rénover des logements sociaux et des bâtiments publics, d’autres qui vont soutenir la digitalisation et la modernisation des services publics.

Notons aussi que la mobilité occupe une place importante dans cette partie bruxelloise du Plan national avec la rénovation et la construction de pistes cyclables.

Dans ce registre, le Plan prévoit aussi le développement de nouvelle solution MaaS (Mobility as a Service) qui vise à créer une plateforme digitale et une application qui vont permettre de développer la polymobilité et la multimodalité à Bruxelles. Le principe est assez génial : avec ce nouvel outil, on aura accès à toutes les solutions de mobilité en temps réel pour aller d’un point à un autre en tenant compte de la disponibilité de chacune et en optimisant les temps de trajet.

Et puis, il y a aussi le soutien à la numérisation des écoles, avec l’installation de points Wifi plus puissants, la mise à disposition de matériel (PC, tablettes, etc.).

Et, enfin, le secteur de la formation n’est pas en reste avec la mise en place de dispositifs qui permettront d’identifier les compétences nécessaires aux métiers de demain et l’élaboration de systèmes de formation grâce auxquels les Bruxelloises et les Bruxellois pourront acquérir ces nouvelles compétences ».

Yasmin Troch et Guillaume Deleuze de Brussels International

 

Des projets en réponse aux besoins de la région

Si l’Union Européenne est à l’origine du dispositif, ses lignes directrices opérationnelles et le choix des projets reflètent les positions de l’exécutif bruxellois qui l’intègre dans sa vision de développement.

« Absolument. Lorsque la Commission Européenne a fixé les grandes orientations stratégiques de ce Plan, elle l’a fait en les formulant assez largement pour laisser à chaque Etat (et à leurs composantes) la possibilité de définir des axes opérationnels pour choisir les projets à soutenir en priorité.  

L’Union Européenne veut engager la transition environnementale et digitale mais en laissant quand même beaucoup de marge de manœuvre à chaque Etat-membre pour traduire cela selon ses propres besoins. Donc les projets mis en avant ne répondent pas seulement aux inquiétudes de la Commission, mais aussi aux besoins bruxellois.

On peut même dire que, même si ce Plan de relance n’avait pas été mis en place, ces réformes et ces investissements, auraient été faits, d’une façon ou d’une autre. Mais, bien entendu, cette aide de l’Union Européenne de près de 395 millions d’euros est très précieuse ».

Yasmin Troch et Guillaume Deleuze de Brussels International

 

Fondamentalement, outre la capacité de l’Union Européenne à répondre aux grands défis de notre temps, ce que met en évidence ce Plan national pour la Reprise et la Résilience (PRR) de la Belgique, c’est l’alignement des priorités européennes avec celles de notre Région. Et on ne peut que s’en féliciter.

Share This